Emmanuel Guerineau

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Accueil Poésie Boris Vian

Bzzz

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Dieu sut haïr assez pour concevoir les mouches,
Affreuses, veloutées, leur corps inquiétant
Gonflé de pus jaunâtre, et dans leur vol flottant
Traitant on ne sait quoi de funèbre et de louche.

Contrepétant Satan qui pourrit ce qu'il touche
Vous, mouche, vous touchez ce qui pourrit, goûtant
Toutes en foule à l'œil rosâtre et suintant
De bêtes aveuglées par vos avides bouches

Et votre aile stridente aux nervures de fer
Lève en mon cauchemar un nébuleux enfer
De corps velus, jaillis de l'ombre où l'on martèle

Les clous du long cercueil où j'étendrai mon corps
Et que l'on brûlera dans la flamme immortelle
Pour me sauver de vous, lorsque je serai mort...

 

Cent Sonnets
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