Quelques conseils et quelques pistes pour apprendre le Tamoul.
Lorsque l'on apprend une langue, c'est généralement pour être en mesure de la comprendre et de la parler un jour.
On s'imagine souvent qu'il « suffit », pour s'y mettre, d'être très motivé, de posséder une méthode, proposant un grand nombre de textes, de leçons et d'exercices avec leur traduction et « quelques » règles de conjugaison et de grammaire à retenir, le tout regroupé dans un beau manuel avec les enregistrements des leçons et de leurs exercices sur CDs ou cassettes. S'exercer à l'oral est bien sûr indispensable pour progresser rapidement et pouvoir enfin communiquer, mais écrire la langue que l'on apprend se révèle toujours être un support précieux, ne serait-ce que pour retranscrire soi-même ce que l'on apprend, afin de mieux s'en souvenir.
Faut-il apprendre à écrire le Tamoul ?
Avec le tamoul (on peut aussi prononcer "tamil"), c'est un peu plus compliqué, car il y a une très grande différence entre la langue que l'on parle et celle que l'on écrit.
Il existe, d'une part, le tamoul oral ou parlé, qui varie d'une région à l'autre, un peu à la manière de nos dialectes (ce qui peut être assez déconcertant, d'autant que l'anglais s'y invite constamment), et d'autre part le tamoul « pur », grammatical, plus stricte dans la forme et plus élaboré, qui possède de surcroit un vocabulaire d'une richesse extraordinaire. Le tamoul grammatical est la forme purement littéraire et formelle dont les écrits ont jalonné l'histoire de la civilisation dravidienne et qui a très peu évolué au cours des siècles. Personne, dans la rue, ne parlera cette langue.
La rue, elle, s'est accaparée l'oral. Volontiers bruyant, volubile, crié plus souvent que chuchoté. Vif et rapide. Le tamoul parlé colle, agglutine les mots, les coupe, les mâche, les retranche. En ajoute certains. Il possède différents registres : celui rencontré au quotidien étant de style courant ou familier. Selon les régions, la langue orale peut être plus ou moins proche (ou éloignée) du tamoul grammatical. A Madurai, par exemple, on s'en rapproche plutôt. A Pondichéry, on s'en éloigne beaucoup.
Cette diversité entre langue écrite et langue orale ne doit pas être un prétexte pour remettre à plus tard l'apprentissage de l'écriture car, comme nous verrons plus loin, il est possible d'écrire le tamoul parlé dans un style simplifié. De plus, si le vocabulaire subit quelques transformations à l'oral, il reste cependant assez similaire avec l'écrit. Se priver de savoir lire, ne serait-ce que des mots, serait préjudiciable. Au Tamil Nadu, c'est bien pratique de pouvoir lire une pancarte ; et sans aller jusque là, même à Paris, dans les épiceries tamoules, les étiquettes sur les paquets ne sont pas toujours écrites en français...
La transcription du tamoul en français
Certaines méthodes proposent de transcrire le tamoul avec notre alphabet latin. Cela est à éviter autant que possible car les sons du tamoul diffèrent des sons de notre langue (et il y en a plus qu'en français). De plus, la rigueur de la transcription elle-même laisse souvent à désirer. Cela peut être source d'erreurs. Le « Tamoul sans peine » de la Méthode Assimil, utilise cette transcription jusqu'à la cinquantième leçon, afin de laisser le temps à l'apprenant de s'habituer à l'écriture tamoule. Dans la perspective de maîtriser l'écriture au plus vite, cela constitue une solution intermédiaire, dont on peut se servir ou que l'on peut choisir de laisser de côté pour se concentrer tout de suite sur l'apprentissage de l'alphabet tamoul et des quelques règles d'écriture. Cet apprentissage n'est pas si fastidieux et peut se faire très vite.
Écrire le tamoul parlé.
Tel qu'il est parlé, le tamoul ne devrait pas s'écrire (disent les puristes). Il est de plus en plus fréquent cependant de trouver des textes transcrits directement à partir de l'oral. Il s'agit d'un bon compromis pour apprendre à parler Tamoul sans perdre le contact avec l'écrit. Même si, là encore, se pose le problème de la rigueur quant à la transcription du vocabulaire. Certaines méthodes sont peu regardantes à ce sujet. Mieux vaut faire l'effort de chercher soi-même, tout de suite, la bonne orthographe dans un dictionnaire et retenir le terme tel qu'il y est écrit, même s'il se prononce un peu différemment dans la pratique.
Parler tamoul ou anglais ?
Dans certaines villes, comme à Pondichéry, il est quelquefois bien difficile de rencontrer une personne parlant vraiment le tamoul, et non pas ce mélange de tamoul et d'anglais (Tam-english) si courant de nos jours et si déconcertant. Déconcertant, au début tout du moins, car, très vite, dès qu'on parvient enfin à prononcer quelques phrases correctement en tamoul, on se surprend à parler un peu anglais, par facilité ou par mimétisme...
Il n'est pas rare, lorsque l'on demande comment dire un mot en tamoul, que l'on vous réponde par un anglicisme. Les locuteurs ont quelquefois du mal à vous donner la réponse attendue, tant l'anglais a pris le pas sur le tamil dans les conversations courantes. Bien souvent, ils prennent le mot anglais pour un mot appartenant à leur langue. L'exemple de ce qu'on peut entendre à la télévision est des plus significatifs : nombreux sont les présentateurs ou les présentatrices qui remplacent tout naturellement des pans entiers de phrases tamoules par de l'anglais (tout dépend, bien sûr de l'émission que l'on regarde). Il y a malgré tout, aujourd'hui au Tamil Nadu, un mouvement qui tente de s'opposer à cette "anglification" du tamoul parlé ou écrit.
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